Vos témoignages

 

Soumission - 20/03/2016 par Solange Malaterne

 

Ai-je honte de ce que je suis en train de devenir ? D'une façon, me semble-t-il, définitive ? De ce glissement masochiste, depuis que j'ai décidé de prendre en main ma drôle de vie de femme suppliciée malgré les "réprimandes" de certaines (je ne m'étalerai pas)... Et aussi, je dois le reconnaitre de la gentille neutralité de ma jeune sœur.

J'aime trop cette photo. Avec mes consœurs. Un entre deux... Quelque chose d'indispensable. Celui d'une réalité économique de ce que l'on devient. Une illustration qui a rejoint ma nombreuse collection de photos à l'origine de ma soumission domestique. Il n'y a pas que cela c'est vrai.

Mon masochisme ne date pas d'hier. Il nourrissait déjà mes fantasmes dans mes jeunes années, une femme en blouse blanche, notre bonne. Le ver était dans le fruit. J'y ai moi-même contribué. Comme il faut du temps pour se trouver ? Pour se sentir soi. J'ai l'impression d'écrire des banalités. De m'apitoyer sur ma petite personne, comme-ci je voulais me donner de l'importance.

L'âge mûr est quelque chose de complexe à gérer dans le relationnel Maîtresse/Esclave. Hors d'une certaine santé mentale, on s'imagine jeune et encore belle, utile au corps de sa dominatrice.... Le rapport que l'on apprend et que l'on nourrit devient "parole d'évangile". Un besoin de se croire amoureuse, utile.

Appartenir à un cheptel semble complètement hors du temps. Complexe aussi les possibles relationnels lorsque votre propriétaire habite loin de votre centre d'intérêt. Le manque est là, vous vous sentez orpheline dans votre désir de soumission. Ma dominatrice éloignée et moi dans ma maison familiale de Royan. Construire dans sa solitude de femme séparée, la réalité de ses fantasmes. Le compromis est venu, lors d'une de ses trop rares visites. C'est sa compagne, une jeune femme avisée " Pourquoi ne pas profiter de la maison de ton esclave en été... C'est un superbe coin pour se délasser ? "

La jeune femme africaine avait dit cela, naturellement, en m'ignorant. Madame me fixa en buvant son thé que je venais de servir. Tailleur noir et chemisier blanc, col fermé, chignon. Parfaite en maitre d'hôtel. Je ne me savais pas destiné à vivre comme domestique dans mes séances de femme soumise. Je pense naturellement encore et toujours à notre bonne... Ma mère ne peut pas comprendre.

C'était dans les premiers jours des vacances de Pâques, le beau temps était au rendez-vous. Madame m'avait prévenue la veille. "J'espère que tu n'a rien prévu, je débarque avec une amie... "

Le soleil se reflétait dans l'eau froide de la piscine, et j'attentais, plateau d'argent en main. Gants blancs. " Il me semble que cela pourrait être une bonne idée..." Ma dominatrice me regarda en disant un "Je suis sur que tu n'y trouveras que des avantages !"

J'ai baissé les yeux. Comme d'habitude je me sens paralyser. Je n'ai pas oser dire "oui" tout de suite. Madame s'en doutait, cela l'amusait. "Quel dommage que nous allons peut-être nous séparer de toi !" Une claque. Regard de panique, rire franc de la jeune black. Madame me fixa... "Pour l'instant ce n'est qu'une idée... Mais reconnais toi-même que les voyages sont un peu pénible..."

Cela dit, elle posa sa tasse sur le plateau. La jeune compagne de Madame fit de même. "Il lui manque le tablier blanc, pour terminer le tableau " dit-elle le plus sérieusement du monde tout en se levant. Madame éclata de rire, d'un rire frais et réconfortant. Elle se leva en m'écartant. " Il fait trop froid pour ce baigner, allons au Casino... " Je restais planter là, avec comme seul souvenirs, ses mots qui avaient claqué comme un coup de fouet... Dans le silence d'une femme de 43 ans... Plateau en main. Le plaisir d'être ainsi, traitée comme une moins que rien est un héritage, un rapport amoureux, le premier, à la maison avec la bonne de maman... J'ose parfois l'écrire. Le souligner le soir lorsque je caresse une de mes blouses....

Souvenir de cette femme qui me laissait mettre sa blouse de nylon pour "jouer à la servante", sa servante. Personne n'a compris mon attachement d'alors. Madame se retourna à mi-chemin entre la piscine et la maison en me lançant... "Va plutôt chercher mon trench et la fourrure de mademoiselle... " J'ai obéi.

Après avoir posé le plateau dans la cuisine et plié mes gants de service, je me suis retrouvée à la porte du garage en présentant la veste de fourrure grise à Mademoiselle puis le trench long de Madame qui me laissa lui enfiler. Tout un cérémonial que l'on apprend, pour ne pas paraitre idiote et aussi, je l'avoue faire honneur. Comme tout cela me parait désuet et pourtant si indispensable à mon équilibre mental.

Madame s'adressait à sa compagne. Longue femme fine, chorégraphe d'une compagnie antillaise. "Pourquoi pas... Cette idée me plait au fond d'avoir un pied à terre... Mais reconnaissons que c'est un peu loin pour en profiter tout les WE" Silence. Je m'étais accroupie pour que les long pans du Burberry tombent parfaitement à mi-mollet. De sa hauteur elle me regarda soutenue par le sourire de sa compagne "De toute façon il va falloir perfectionner ton avenir de domestique, je ne peux pas vendre une esclave qui ne soit pas au top..."

J'avais froid dans le dos, mal à l'aise, envie de pleurer. Un nouveau sourire en montant dans la BMW qui en disait long sur la détermination de ma Dominatrice... "La seule qui importe pour l'instant est de profiter de la maison sans t'avoir sur le dos..." repris la jeune compagne de Madame en terminant par Eclats de rires. "Il faudra lui trouver une chambre de bonne..."

Le véhicule démarra sans que je dise quoi que se soit. Est-ce que j'avais quelque chose à dire, à ajouter ? Une fois encore dans mon silence de femme solitaire et soumise, j'avais envie de hurler que tout cela suffisait. Que j'en avais marre de jouer à la bonniche. Que je ne voulais plus ressembler à cette jeune employée de maison qui m'initia à l'amour lesbien... A la caresse soyeuse de son uniforme que maman lui imposait le dimanche... Pourquoi ai-je temps envie de lui ressembler ?

Un héritage que ma vie obscurcissait comme un refus de ma part à vivre ce plaisir de femme servile. Je m'en veux. Je m'en veux d'aimer me sentir coupable de cette situation qui pour beaucoup semblerait grotesque. Mais non. Rien. Je jouais de ma solitude par des caresses qui libéraient mes fantasmes. Comme j'ai pu me sentir sale ainsi. Comme se sentiment me plaisait. Tout allait de soi. Doucement... Dans l'initiation solitaire du désir de soumission.

Seule à la maison. Je n'ai plus l'impression d'être totalement chez moi. Ma solitude me gagne, encore et toujours. Seule en cette après-midi. Comme à chaque fois que ma dominatrice part, sa présence me manque. J'ai besoin de sa silhouette, de son élégance désinvolte. De son autorité. Je comprends qu'il soit difficile pour certaines et certains d'entre nous de pouvoir concrètement décrire ce sentiment d'attachement. Je n'essaierais pas de convaincre. Je reconnais simplement ce besoin. Une forme de stabilisation mentale.

Je n'aime pas ma solitude, j'ai envie de me détruire... La rencontre de ma dominatrice, son écoute m'a permise de survivre. C'est étrange je trouve de se dévaloriser par envie de vivre, d'être soi... Une sorte de reconstruction. Naturellement que j'ai honte d'être cette petit connasse qui obéit comme un toutou sans jamais rien dire, sans aucune révolte dans ma voix... Ce faire mal encore et encore.

Je les imagine toutes deux, dans la voiture, se moquant de moi. Au font, il faut une grande force de caractère pour accepter le masochisme comme style de vie. A quoi ai-je droit comme moqueries aujourd'hui ? Je ne sais pas... Mes pas me mènent au sous-sol de la maison de mes parents. Je n'ose pas penser à eux !

Maman encore en vie, me verrait si servile me cracherait au visage, elle qui a une très haute opinion d'elle même et de notre famille... Il y a là une pièce aménagée que maman utilisait parfois comme petite chambre d'appoint. Une espace d'une dizaine de mètres carré. J'ai frémis. Est-ce là mon nouvel espace de vie, ma nouvelle prison ? Là encore, je me sens bien, sereine. Comme une sorte de récompense indéfinissable.

Et ses mots me reviennent " je vais peut-être être vendue". J'en ai honte. La peur naturellement de revivre une fois encore cette situation. Ce n'est qu'à 18h00 que ma dominatrice m'appela. "Prépares nos valises, nous rentrons". Ce fut tout. Un coup de massue sur la tête ne m'aurait pas fait plus mal. Rien d'autre, si naturellement qu'elle reste à la maison avec sa compagne, jusqu'au dimanche soir. Au moins.

Je me fait toujours des nœuds au cerveau, je me dit à chaque fois que si elle part plutôt, c'est que je n'ai pas été à la hauteur de ses demandes... Naturellement, il faut apprendre à ce faire mal même si tout cela est peut-être faux.

J'ai l'impression de ne pas exister. De ne plus vivre et pourtant. Un sentiment d'isolement, qui me fait mal et dont j'ai besoin...

N'est ce pas pour cela que l'offrande est faite à sa dominatrice. C'est quelque chose que je trouve indispensable. Pour moi c'est un signe de reconnaissance. Même si je sais que cela en déroute plus d'une... Être ainsi traité, pour son seul plaisir (on croit cela au début). Une démarche volontaire de ma part. Celle de jouer de temps à autre à la bonne (enivrante) . Je ne mérite aucun autre châtiment. (Sourire). Cela m'amuse d'écrire cela, moi, qui pensait comme beaucoup, que mon masochisme n'était qu'une affaire de mise en scène et rien d'autre... En fait, non ! C'est un besoin social. En tout cas cela l'est devenu. On ne joue plus on est (nait) esclave.  

Je descends chargée des deux valises que je pose à l'entrer. Puis remonte pour vérifier que je n'ai rien oublié. J'enfile à nouveau mes gants blancs de service me voilà prête pour l'attente. "Est-ce que d'autres soumises sont dans la même situation servile ? " Dans se rôle d'objet domestique ? Le BDSM a été mon premier plaisir, l'enfermement aussi, déjà la solitude dans une cave ou attachée, on m'avait oubliée... Nuit froide, vieille blouse en nylon humidifiée sur le dos de la prisonnière, et toujours des pleures... Humiliation de faire sur soi, dans l'impossibilité de bouger, un large collier de fer et une courte chaine me retenant à l'anneau... Trouver en soi, le plaisir de se salir, de se savoir sans importance. La construction mentale commence ainsi...

Il y a des souvenirs qui refont surface, lorsqu'ainsi, je suis immobile à l'entrée attendant mes bienfaitrices. tailleur noir et chemisier blanc est une idée de ma dominatrice "Pour que tu te sentes pas idiote"... "En attendant autre chose..." Une demande de ma Dominatrice lors de notre premier entrevue... Avec une liste de la description détaillée de ma garde robe, de mes biens, le montant de mes offrandes... Un cérémonial d'embauche en quelque sorte...  

Clochette de la grille (je suis folle de joie).

Je descends le perron et remonte l'allée qui mène au portail. En silence je l'ouvre laissant passer la voiture au pas... Referme le portail et remonte jusqu'à la voiture, ouvre la portière de la conductrice. Ma dominatrice descend alors que dans une poche de son long trench Burberry le portable vivre.

Claquement de doigt, index vers le sol. Me voilà à quatre pattes, mon dos servant banc à Madame qui prit l'appel. Combien de fois ai-je appris cela ? Dressage humain pour devenir un simple objet de confort. "Pense ma fille à ce que ton corps me serve d'objet de confort" et de répéter dans les séances les ordres aux claquement de doigts...

La jeune femme, emmitouflée dans sa veste de fourrure s'impatientait, croisa les bras sur sa poitrine "Tu en as pour longtemps... Je t'attends à l'intérieur"... Rien d'autre. Madame assise sur mon dos salua sa compagne "J'arrive", puis repris sa conversation téléphonique. Pourquoi y prenais-je du plaisir ?

Madame le savait-elle ?

Elle se leva et claqua des doigts pour m'autoriser à me relever. Puis elle remonta le chemin jusqu'au perron, mains dans les poche de son imper... "As-tu préparer mon offrande ?"

- Oui Maitresse, dis-je simplement en montant les marches pour lui ouvrir la porte de la maison.

Elle m'indiqua les deux valises à descendre et à ranger dans la malle de la voiture. J'ai obéi, comme une employée modèle. Il y a comme cela des mouvements, des situations qui deviennent parfaitement normal.

Le couple discuta un long moment sur la palier de la maison et enfin arriva pour s'engouffrer dans la voiture. Madame tout sourire me montra l'enveloppe que je lui avais préparé... Sourira puis elle baissa la vitre électrique "fait nous rire", et me demanda de faire une courte révérence. Je l'ai faite, maladroite. Eclat de rire de la compagne "Tu as du boulot ma fille, comme bouffonne tu ne fais pas mieux"...

Puis d'un geste sec me renvoya à la grille pour que je l'ouvre. La voiture s'immobilisa à ma hauteur. A nouveau Madame baissa la vitre " J'oubliais... Tu ne vois pas de problème que nous disposition d'une façon plus "naturelle" de ta maison familiale lorsque nous en avons besoin ?" Je ne disais rien. "Qui ne dit rien consent ! Parfait. Trouves-toi un lieu de vie qui ne perturbe pas notre environnement... Une fois trouver, tu feras venir un électricien pour qu'il installe un tableau de service dans la cuisine et dans se qui te servira de chambre de bonne pour t'avoir continuellement sous la main..."

C'était clair et je ne me sentais pas dans le droit de refuser. Echo étrange à des années lumière de ce que disait maman à notre jeune bonne qui allait plus tard devenir mon initiatrice amoureuse... Le même langage d'engagement. Elle me tendit sa main ganté de cuir et j'y déposais un léger baiser. Heureuse. Madame souria en remontant la vitre.

La voiture disparue dans la nuit.

De nouveau seule avec mes fantasme.

 

 

 


 


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