Vos témoignages

 

Harem en blouse nylon - 23/07/2012 par Syonboullen

Eté 1970, Gare de Lyon.

Travail d’été : charger les trains, 8 par jours. Des trains qui ne sont pour moi que des tonnes de marchandises à ranger dans un wagon sous les ordres d’un chef imbibé et ceux dont les destinations font rêver comme le train bleu, le Paris Istanbul. Istanbul et le harem de Topkapi...

Pour moi cette gare, c'était le vacarme des fenwicks apportant les marchandises, les regards un peu méprisant des vacanciers, voire soupçonneux à ceux qui chargeaient leurs bagages. Pire encore lorsque notre tâche était de nettoyer les voies de leurs déchets... Mais que m’importait leur destination. J’avais mon Topkapi, mon harem secret...
Mais peut-être avez-vous deviné.  Le centre de tri abritait également une cantine d’entreprise où nous pouvions aller manger...

Combien d’employées s’y restauraient ? je ne peux le dire... Mais toutes portaient cette magnifique blouse bleue ciel nylon qui m’obsédait déjà. Certaines étaient marquées au sigle de la SNCF, d’autres à celui des PTT. D’autres que moi auraient pu trouver cet espace fait de grandes tables, je suppose en formica, un tout petit peu carcéral. Pour quelques instants, j’étais le sultan du lieu et chaque midi, je changeais de partenaire, m’asseyant à côté d’une nouvelle, imaginant un décor fait de zelige, de coussins, de tapis. Là, les bruits du Bosphore au petit matin parvenait jusqu’à moi, des filles en blouses nylon aux couleurs chatoyantes m’apportaient un thé à la menthe, le crissement de leur parure excitant mes sens ....  Puis lascives, laissant s’entrouvrir les deux boutons leur cachant les seins, elles affolaient le puceau que j’étais.... 

Me ramenant à la réalité, une d’entre elle, ma favorite du moment m’indiqua qu’elle travaillait aux guichet grande ligne et que son chef autorisait la pause l’après-midi.. Je la retrouvais entre deux chargements après l'avoir observé à son guichet. Elle me reconnut et je la vis s’approcher de l’eunuque qui gardait le bureau. Quant elle fut à mes côtés, elle s’excusa et dit : "désolée, j’ai dû garder ma blouse, le chef ne nous autorise pas à l’enlever pendant les pauses..."

 

 

 

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