Vos témoignages

 

Bien Madame - 11/06/2014 par Monica Vanrente

 

Géraldine de Mestre est une femme de 27 ans, architecte d'intérieur vivant à Versailles, "à coté du centre Bartabas", tient-elle à préciser.

Le bonne, jupe noire, chemisier blanc, tablier parfaitement nouée à la taille, gants blancs de service et coiffe, pose sur la table le service à thé. Géraldine parlait de sa servante comme si elle était absente de la pièce. Je le fis remarquer à Géraldine qui a simplement souris. La domestique a certainement apprise à accepter cette situation humiliante.

Après avoir pris le temps de tremper délicatement ses lèvres dans le thé, elle reprit :

(silence) avant de reprendre après avoir posé sa tasse.

Corinne (elle s'appelle ainsi) reste immobile, plantée à un angle de la pièce. Droite, mains croisée sur le tablier. Stylée.

Nouveau silence, sourire discret, éduquée, de la jeune femme qui porte un pantalon droit à pince, couleur perle, au revers discret, et une chemise en satin vert, masculine. Col ouvert sur un collier de perle qui rappelle les boutons de manchettes qui ferme les poignets de la chemise. Chaussure laqués noires.

Je reviens à ma première question.

Géraldine De Mestre reste silencieuse. J'ai envie d'écrire songeuse, enfin elle sourit, un petit sourire moqueur. Elle porte à nouveau à ses lèvres sa tasse de thé.

Géraldine se retourne vers sa domestique en disant d'un ton détaché :

Sous notre regard la bonne disparait dans le silence.

Demandais-je alors que nous sommes à nouveau toutes les deux.

Je n'ai pas osé demander l'âge de Géraldine. Mais elle compris et éclata de rire.

On cogne à la porte et l'on entend un :

Je souris à cette annonce très formelle. La porte s'ouvre sur la bonne qui vient prendre les ordres. Géraldine ne s'en occupe pas, me fixant

Géraldine se retourne vers sa domestique.

C'était froid, directif, l'injonction était directe. Puis Géraldine de Mestre tout sourire se retourna à nouveau vers moi en disant d'une voix posée.

La bonne quitte la pièce avec le plateau.

Puis elle éclata de rire. D'un rire franc, joyeux.

La jeune femme m'invita à me lever et à venir sur le balcon qui dominait l'avenue. Elle me regarda en passant sa main dans ses cheveux noirs coupés courts.

Me demanda mon hôte. Devant mon hésitation :

  • Alors c'est dit, je vous invite à notre club...

Etonnement de ma part.

  • Je vous invite naturellement... Disons pour faire simple que chaque quinzaine, notre club "Féminin au masculin" réuni ses membres pour dialoguer entre nous d'une façon élégante et masculine de notre pouvoir et de notre séduction... Quoi de plus féminin, ne trouvez-vous pas d'une femme portant la cravate et fumant le cigare... - rire - L'élégance masculine ne veut surtout pas dire travestisme... Mais ambigüité, certainement...

Je repris au bon :

  • Corinne a-t-elle été "envoûtée" par votre ambigüité ?
  • >Naturellement, cela fait aussi partie de mon charme.

Elle éclata de rire en m'invitant à revenir dans le salon

  • Arrêtons de parler de la bonne... Et voyons ce que nous pouvons faire...

Elle activa la clochette de service. La domestique se présenta avant d'entrer. Géraldine me regarda puis s'adressa à Corinne.

  • Passe un coup de fer sur mon smoking gris... Et prépares le pour Madame, nous allons au club ce soir...

J'osais une dernière question !

  • Corinne vous accompagne ?

Géraldine souria et le plus sérieux du monde dit un

  • Certainement pas voyons... Ce club est réservé aux femmes libres, pas aux domestiques !

 

 


 


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