Vos témoignages

 

Mon travail à l'usine - 11/02/2014 par Claude Kohler

 

En 1976, ayant fini ma scolarité et n'ayant pas obtenu de diplome, mes tantes et cousines qui travaillaient dans une grande usine, en Picardie, où l'on fabriquait des boites en plastique (genre tupperware), avaient parlées pour moi à la contre dame qui avait tout pouvoir dans cette usine. Le soir meme, en passant chez nous, ayant toujours gardées leurs blouses en nylon bleue-ciel boutonnées sur le coté par de grands boutons bleu-marines, et leur arrivant à mi-jambes, me dirent que c'était d'accord. Elles avaient parlées pour moi à la contre dame, et que, dès demain, je pouvais commençer.

Ma mère et moi furent ravis que j'ai trouvé du travail rapidement. Donc le lendemain matin, je partis à l'usine qui se trouvait de l'autre coté de la ville, avec toutes mes tantes et cousines ainsi que d'autres collègues à elles. Elles étaient déjà en blouses de l'usine (apparemment elles les avaient toujours sur le dos ?!). Une fois arrivé sur place, une chef d'équipe m'indiqua quel serait mon travail, à savoir alimenter en matière les chaines d'assemblages, en les tirant avec un transpalette et les alignant bien en rang, prets pour etre embarquées.

Bref je n'avais pas le temps de m'amuser. La chef d'équipe cependant me dit :

  • Mais tu n'as pas de blouse !

Je répondis :

  • Non ?
  • Ah parceque la contre dame va surement t'en faire la réflection, et entre nous elle n'est pas très commode.

Bien, moi je continuais mon travail et vers 10h, la contre dame en question passa, dit bonjour aux ouvrières et arrivée à moi, me dit :

  • Mais, tu n'as pas de blouse ? Car ici la blouse est obligatoire et c'est la même pour tout le monde. En plus, tu es le seul garçon ici.

Comme j'ai vu qu'elle était authoritaire avec son chignon et sa blouse blanche en nylon avec ceinture, elle me parla de nouveau en me disant :

  • Allons mon garçon, suis moi !

Je la suivis et elle m'emmena dans son bureau ou il y avait une autre pièce à coté avec pleins de porte-manteaux et des blouses en nylon bleue-ciel (les memes que les autres ouvrières). J'ai du en essayer plusieurs pour enfin en trouver une à ma taille (en plus je nageais dedans). De plus, en sortant avec mon nouvel uniforme, elle me dit :

  • Tous les boutons doivent etre mis et on n'entre pas à l'usine sans sa blouse mise !
  • Bien madame

Lui répondis-je. Arrivé de nouveau à mon poste de travail toutes les ouvrières, pour me taquiner, dirent :

  • Ah comme il est mignon !

Mais ça n'alla pas plus loin. A la pose déjeuner, tout le monde sortit son casse croute et boisson. Moi aussi, et je dis à mes tantes et cousines.

  • Moi ça ne me plait pas d'etre obligé de porter cette blouse de femme. En plus elle est longue et boutonée jusqu'au cou, avec ces grands boutons bleu-marines. Je vais me payer la honte à traverser la ville ainsi. Mais elles me répondirent :
  • Ne t'en fais pas, tu t'y habituras. Et le principal, c'est de travailler non ? Et si ça te gène au début, tu n'auras qu'à marcher au milieu de nous dans les rues.

Au début, je n'étais pas convaincu. En plus, en été, malgré la chaleur et enfermé, on n'avait même pas le droit de relever nos manches de blouses. Bonjour la sueur. Même ma mère me dit :

  • Mais tu es bien comme ça ! Elle est belle ta blouse !
  • Ah tu crois.

Lui rèpondis-je

  • Mais oui. Et d'abord enlève la que je la fasse tremper comme ça elle sera propre pour toi le lundi matin.

De plus, vers la fin d'année, la direction prit une grande photo de tout le personel et moi comme seul garçon, on me mit devant. Bref, on ne pouvait pas me louper sur la photo, et on nous en remis une chacun (chacune), avec une nouvelle blouse de nouveau. Mais à force et avec la routine, je commençais à m'en moquer un peu. Je ne me cachais plus pour rentrer chez moi, laissant même ma blouse en rentrant à la maison, ce qui ravie ma mère.

J'y ai encore travaillé 15 ans dans cette usine (toujours avec le même modèle de blouse en nylon). Puis on changea d'usine. Je n'étais plus obligé de mettre une blouse. Par contre, chez moi, par la suite, je la mettais et j'avais même un peu de regret de ne plus la porter aussi souvent comme avant. Par la suite je me suis marié et c'est ma femme qui la porta à la maison, disant qu'elles etaient belles, et moi je la trouvais belle aussi dedans.

Donc tout finit par s'arranger !

 

 


 


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