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Les blouses de mes soeurs - Partie 5 - 15/05/2013

L’internat

Devant son indiscipline caractérisée mes parents décidèrent de mettre l’une de mes sœurs en pension. Il fallu d’abord acheter l’uniforme : chemisiers blancs en coton et à manches longues, chaussettes blanches, chaussures bleu marine ou noires à talon plat, jupes bleu marine et cardigan en laine, marine également. Mais pour ne pas salir ses vêtements, il y avait deux tabliers en nylon du même modèle : l’un rose, l’autre bleu ciel.

J’ai dit tablier car c’était le mot consacré de l’époque : les tabliers d’école (nous sommes dans les années 1960), bien qu’il s’agissait de blouses. C’était des blouses en nylon fin et soyeux, boutonnées sur le côté et qui descendaient jusque 5 bons centimètres en dessous du genou : il ne fallait pas que ces demoiselles salissent leur jupe (sic !). Elles étaient fermées par 7 ou 8 boutons blancs en plastique et avaient un col ouvert avec une découpe carrée autour du cou. Elles étaient serrées à la taille par une ceinture qui se boutonnait sur le coté. Elles avaient trois poches, une de chaque coté et une troisième, plus petite, sur la poitrine dans laquelle elles pouvaient mettre leurs stylos et crayons. Ces blouses étaient faites spécialement pour le pensionnat : elles avaient la spécificité d’avoir une double épaisseur de nylon sur toute la hauteur de leur devant, de façon à mieux protéger ces demoiselles des avatars pouvant arriver sur leur blouse. Mais, pour les rendre plus attrayantes, les blouses étaient décorées d’un petit galon blanc, également en nylon, en haut des poches et tout autour du décolleté carré autour du cou. Bien entendu, ces blouses avaient des manches longues et boutonnées.

En fin de chaque semaine, les filles portaient à la buanderie leur blouse de la semaine et on changeait de couleur pour la semaine suivante, alternant blouse rose et blouse bleu ciel. En sus, pour les travaux salissants, les filles portaient un grand tablier chasuble bleu marine en nylon lui aussi. Il s’agissait d’une chasuble différente de celles que l’on trouve aujourd’hui dans le commerce qui ont généralement un bas arrondi en une poche kangourou centrale. Leurs chasubles de l’internat étaient droites, avec une encolure ouverte et carrée, une poche de chaque coté, comme sur une blouse ordinaire, et elles se fermaient par une petite patte en nylon et un bouton de chaque côté. Ces chasubles étaient longues et descendaient largement sous le genou. Elles ne servaient, en classe, que pour les cours de peinture et, hors de classe, pour tous les travaux salissants : la vaisselle, le cirage des chaussures, les travaux dans le jardin, etc.

Pourquoi le port du tablier obligatoire ? D’abord pour une raison pratique : les blouses c’était simple pour que les vêtements restent propres, c’était pratique, facile à entretenir et rapide à sécher, pour le nylon. En sus, cela évitait de faire des envieux entre les filles : toutes les filles avaient le même habillement quelle que soit leur origine sociale, la fortune ou la pauvreté de leur famille et quelle que soit leur caractère. Le port obligatoire de l’uniforme et de la blouse étaient aussi, en quelque sorte, la marque l’autorité de l’autorité que représentait l’école, sur les élèves.

Chaque année, à la rentrée, la première tâche de était de broder son nom et sa classe, en gros caractères rouges d’environ 2 cm de haut, en haut et au milieu de ses deux blouses et de son tablier chasuble. Contrairement aux deux blouses qui étaient lavées chaque semaine, la chasuble nylon bleu marine n’avait pas de programme de lavage imposé. Cela était laissé à l’initiative des filles. Il en résultait que, dans les faits, elles étaient peu lavées et les filles étaient d’autant plus désinvoltes à leur égard qu’elles les savaient être un vrai sarrau de protection. Résultat : elles portaient des traces en tout genre, même si, sur du nylon bleu marine, les taches ne se voyaient pas trop. Lors des cours de peinture les filles n’hésitaient à y essuyer leurs pinceaux. Lors des corvées de chaussures le cirage apposé à la brosse ne manquait pas d’éclabousser les chasubles marines de petits points noirs ou bleus marine ; quant aux filles chargées de débarrasser les tables et de faire la vaisselle, les chasubles marines prenaient alors de grandes dégoulinades d’eau de vaisselle ou des traces de nourriture de toutes sortes pour celles qui étaient chargées de manipuler les assiettes et couverts sales. Pour certains cours plus salissants la présence de ces chasubles nylon bleu marine était réellement utile. Pour les filles qui suivaient des cours de jardinage, c’était la terre ou la boue ambiante qui venait marquer le devant des chasubles, sans compter les mains sales que les filles y essuyaient ; de plus les fruits et légumes transportés dans les claies en bois ne manquaient pas de progressivement d’user les devant des chasubles, de tirer certains fils nylon des chasubles ; c’est justement pour cela que l’école avait prévu, pour ces travaux, des chasubles que les filles ne craignaient pas de salir ou de détériorer, afin de protéger leurs blouses de classe. Pour les filles qui suivaient les cours de cuisine, les chasubles bleu marine leur tenaient lieu de tablier de cuisine et se retrouvaient ornés de tâches de graisse, de traces d’aliments, de sauces, etc.

Dès le lever, les filles s’habillaient avec leur uniforme bleu marine et devaient mettre leur blouse nylon rose ou bleu ciel, selon la semaine. Elles ne retiraient leur blouse que le dimanche, pour la messe, ou au parloir si quelqu’un venait les voir. Sinon, toute leur vie à l’internat se déroulait en uniforme et en blouse : cours, études, récréations, repas, détente, y compris pour se laver les dents, ce qui, au demeurant, était souvent bien utile pour éviter de salir ses vêtements avec les projections blanches de dentifrice ou les taches d’eau qui vous goûtent au menton.

Quel était l’état d’esprit des filles du pensionnat vis à vis de leur blouse ? Si le port de la blouse était obligatoire en permanence, le corps professoral ou la responsable d’internat n’étaient pas regardant sur leur état. Les blouses étant là, elles étaient destinées à être utilisées et à servir ; qu’on se le dise ! On pouvait s’y essuyer les mains pleines de craie en sortant du tableau ou en quittant la table, après se les être lavées (quelquefois avant !) ou, y essayer un bic qui ne fonctionne plus, y noter un petit mot si on n’avait plus de brouillon ou bien encore s’asseoir sur sa blouse dans l’herbe ou dans la cour de récréation. L’hiver, il y avait même certaines filles qui se mouchaient dans leurs manches où, ce qui était plus fréquent, qui se mouchaient dans leurs doigts et les essuyaient ensuite sur leur blouse. Certaines, lorsqu’elles étaient au tableau, n’hésitaient pas, lorsqu’elles se trompaient, à effacer leurs erreurs avec les manches de leur blouse.

En fait, contrairement à nos jours où bon nombre d’entre nous avons un très grand soin des blouses nylon que nous avons du mal à nous procurer, pour les filles des années soixante ou soixante-dix, la blouse était une contrainte, souvent non assumée et la plupart du temps mal vécue, d’où leur désinvolture, dessins, maltraitances, quelquefois leur vengeance à l’égard de leur blouse ou de leur tablier (quand il n’y avait pas les deux, comme dans cet internat). C’était l’esprit rebelle contre cette obligation qui prédominait chez une majorité de filles.

Pour les petites filles bien sages et bien propres, surtout pour les nouvelles au pensionnat, les plus anciennes se riaient de les voir très respectueuses de leurs blouses. Et, pour bien leur montrer qu’une blouse était faire pour servir, nombre de nouvelles recrues se faisaient asperger d’encre en classe, lorsqu’elles avaient le dos tourné ou de plaisanterie similaires à la cantine avec la nourriture ; c’était le « baptême » des blouses des nouvelles élèves. De la sorte, les nouvelles, une peu sainte nitouche, se retrouvaient rapidement avec des blouses plus ou moins sales et marquées comme leurs copines moins soigneuses, de telle sorte que l’uniformité se faisait très vite … !

Les jeux en récréation étaient quelquefois ‘douloureux’ pour les blouses. Il ne manquait pas de parties de chat, de gendarmes et voleurs ou de ‘délo’ (jeu où il y avait une prisonnière qu’il fallait délivrer et lui touchant la main, mais sans se faire prendre par les défenseurs) qui se terminaient par des poches, la ceinture ou des boutons arrachés lorsque l’on essayait de contrer sa camarade en la retenant par un pan de sa blouse. Quelquefois, si l’on se cassait la figure, on pouvait aussi faire des accrocs ou des trous dans sa blouse (surtout au niveau des coudes ou des genoux), si ce n’est quelquefois la déchirer plus gravement. Alors imperturbablement, la buanderie de l’internat recousait ou raccommodait les blouses toutes les fois où cela s’avérait nécessaire ; certaines fois, il était même indispensable de mettre une petite pièce de nylon sur un trou sous un coude ou ailleurs.

Pour les blouses, leur point le plus faible était, sans conteste, les manches. Les dessous des manches des filles étaient souvent grisonnants de saleté, avec des taches de nourriture ou de petites marques d’encre dues aux écervelées qui mettaient leurs manches sur leurs copies, alors que l’encre n’était pas encore parfaitement sèche. Les devants des blouses portaient souvent des petits coups de stylo ou des taches de diverses origines : craie, encre, feutre, surligneur, bic, peinture, ty-pex, nourriture, dégoulinures d’eau, grisaille des tables de classe (dont la propreté était loin d’être parfaite), etc. On pouvait aussi y essuyer sa règle après avoir fait des soulignements (pour éviter de tacher ses cahiers alors que la règle portait encore des petites bavures d’encre) …

En fait, ma sœur m’expliquait que l’on voyait sans peine, à l’état de leur blouse, l’avancement progressif des jours de la semaine. De propres le lundi, les blouses terminaient invariablement plus ou moins sales et tachées en fin de semaine. Deux choses venaient les salir invariablement. Tout d’abord la cantine : il n’y avait pas de serviettes, alors les blouses en tenaient lieu. Les filles essuyaient leur bouche sur le dessus de leurs manches et s’essuyaient les mains, si nécessaire, sur le coté ou les fesses de leur blouse nylon. Et c’était aussi sans compter les salissures occasionnées par les chahuts à la cantine, comme nous le verrons par la suite.

La deuxième source invariable de taches était le stylo-plume. A cette époque, les stylos-plume étaient des stylos à pompe qui bavaient régulièrement et que, de toute façon, il fallait tremper tous les deux ou trois jours dans une bouteille d’encre pour en emplir le réservoir. Comme les filles n’avaient généralement pas de petits chiffons à encre et que les Klenex n’étaient pas encore inventés, elles n’avaient pas d’autre solution que d’essuyer leur stylo sur un coin de leur blouse. Pour éviter que les blouses ne soient transpercées lors de ce faire, les filles choisissaient généralement d’essuyer leurs stylos sur le dessus de leurs poches ou sur le devant de leur blouse, là où le nylon était en double épaisseur et procurait donc une meilleure absorption pour ne pas tacher leur pull ou leur chemisier.

Un jour, en cours de chimie, une fille reversa sans le faire exprès le contenu de son éprouvette. Pour éviter de se faire enguirlander, elle déboutonna discrètement sa blouse et essuya sa paillasse avec sa blouse. Quelle ne fût pas sa surprise le lendemain matin, que de constater que sa blouse était pleine de trous. On aurait qu’il avait grêlé et que les grêlons avaient transpercé sa blouse. Vive la soude caustique !

Les blouses faisaient aussi les frais de toutes les fantaisies des élèves, de leurs chahuts ou de leurs plaisanteries et celles-ci étaient nombreuses. L’internat était même le lieu où les filles rivalisaient à qui ferait la blague la plus énorme, souvent au détriment de leurs copines, pour les transformer en la risée de l’internat. En fait, psychologiquement, la vie en internat pouvait être assez dure pour les filles qui avaient le cœur tendre, car elles ne se faisaient pas de cadeau. Certaines, dont ma sœur, étaient même de véritables petites pestes. En fait, l’internat censé calmer ma sœur, n’y changea rien et tout son temps d’internat fût pour elle l’occasion de plaisanteries constantes les plus idiotes, jusqu’à son renvoi, deux ans plus tard, pour indiscipline.

Quelles étaient donc ses plaisanteries ? Laissez-loi vous en raconter quelques unes, faites par ma sœur ou dont elle a eu à pâtir, telles qu’elle me les raconta car, en fait, elle en était très fière. Bien entendu, Papa et Maman n’eurent jamais droit à ces histoires !

Ma sœur aimait créer la surprise autour d’elle. Un jour, par exemple, elle avait réussi à subtiliser un pot de confiture encore à moitié plein qu’elle avait pris au petit déjeuner. Le soir, après le coucher, elle se releva et se glissa dans le noir jusqu’au porte-manteau d’une de ses amies. Elle s’assura que les deux poches de la blouse de son amie étaient vides et, là, elle vida la moitié de ce qui restait de confiture dans la poche gauche de sa blouse nylon et l’autre moitié dans sa poche droite. Sa copine ne s’en rendit pas compte immédiatement jusqu’au moment où, en classe, elle plongea sa main dans sa poche et la ressorti toute peine de confiture. Elle se retrouva alors bien embarrassée, ne sachant trop quoi faire de sa main pleine de confiture. Elle regarda alors le contenu de sa poche gauche et se retrouva avec ses deux mains pleines de confiture. Elle n’eut donc pas d’autre solution que de se les essuyer discrètement sur le côté de sa blouse, en tartinant ainsi la confiture sur tout le coté et les fesses de sa blouse !

Pour les repas, les filles prenaient des plateaux, mais elles les laissaient à leur table car l’exiguïté de la cuisine ne permettait pas de les y entasser pour lavage tant que le service n’était pas totalement terminé. C’étaient les filles de corvée de vaisselle qui débarrassaient les plateaux et lavaient les assiettes, couverts et plateaux. Généralement les filles de service entassaient les assiettes et couverts sur quelques plateaux et empilaient les autres plateaux pour faire moins d’aller et venues. Les plateaux étant lourds, les filles les portaient généralement en les mettant contre elles, pour que cela soit moins pesant. Ma sœur eut alors l’idée de badigeonner les dessous des bords des plateaux de moutarde ou de yaourt, de telle sorte que, quand ses copines portèrent les plateaux à la cuisine, elles badigeonnèrent copieusement le ventre de leur blouse de moutarde ou de yaourt par la même occasion !

Au petit déjeuner, le grand jeu de toutes les filles était de donner une grande claque dans le dos de celles qui buvaient leur bol de café au lait en leur disant bonjour, pour voir si cela leur ferait renverser leur bol ! Plusieurs fois, à la cantine, ma sœur réussit à glisser un plat ou une assiette sur la chaise d’une de ses copines qui s’était légèrement levée pour attraper du pain ou la carafe d’eau et lorsqu’elle se rasseyait, je vous laisse deviner le spectacle assis dans une assiette sale ou dans un plat de purée ! Elle fit le tour une autre fois à une autre copine avec un plat de raviolis, mais elle ne s’y prit si maladroitement que, restée trop près de sa copine, sa propre blouse en fut elle-même toute éclaboussée de sauce tomate !

A la cantine, elle aimait aussi reverser de l’eau ou du jus de viande sur la table et, discrètement, elle la soulevait avec une cale en papier pour que l’eau ou le jus glisse progressivement vers l’autre coté de la table vers ses copines qui ne manquaient pas, si elles n’y faisaient pas attention, d’y tremper leurs manches ou de prendre l’eau ou la sauce sur le devant de leur blouse ou sur leurs genoux.

Quelquefois les jeux pouvaient s’intensifier par des lancers de petits pois ou de cuillères de yaourts, ce qui se finissait généralement par une sévère punition collective. Concernant les petits suisses, lorsque ma sœur en avait, elle les mangeait rarement car elle affectionnait en prendre un dans la paume de sa main et aller ainsi donner une grande claque amicale dans le dos d’une de ses voisines ! Je vous laisse deviner le spectacle ! Il faut dire que, généralement le petit suisse en s’aplatissant sur la blouse de sa voisine dans un grand ‘splash’, lui envoyait également des projections sur le devant et la manche de sa propre blouse ; mais, mais sœur n’était pas à cela près. Généralement, après une telle ‘claque amicale’, elle n’hésitait pas à s’essuyer la main pleine de petit suisse sur la blouse de quiconque paissait à sa portée.

Une autre fois, ma sœur s’amusa à scotcher des tubes de peinture ouverts sur le dossier de chaise de sa voisine, pendant les cours, de telle sorte que, quand celle-ci s’appuyait sur le dossier de son siège, elle pressait sur les tubes qui se vidaient de leur peinture dans le dos de sa blouse à son insu.

Une fois, pendant un cours, ma sœur réussit à dénouer la ceinture de sa voisine et à la renouer en la prenant autour d’un des montants de sa chaise, sans que celle-ci ne s’en aperçoive. Lorsque sa voisine fût interrogée, elle embarqua sa chaise avec elle dans un grand fracas lorsqu’elle se leva pour répondre, tant et si bien qu’elle eût droit à un zéro de conduite !

Ma sœur affectionnait aussi les batailles d’effaçoirs. Comme les effaçoirs étaient toujours gorgés de craie, il était très drôle de faire des batailles avec de telles armes. Le jeu consistait à taper des grands coups d’effaçoir sur les blouses des copines, ce qui déposait aussitôt de grandes marques de craie sur les blouses. Il pouvait y avoir le même type de combat avec l’éponge servant à laver le tableau. Mais, la chose était plus délicate car, à ce petit jeu, on mouille aussi très rapidement ses propres manches, quand ce n’est pas tout le devant de sa blouse. C’est pourquoi les jeux avec l’éponge du tableau consistaient davantage à se la lancer de loin ; cela faisait davantage de victimes car l’éponge volait alors dans la classe mouillant toutes celles qui se trouvaient sur son passage.

En classe, il y avait aussi les traditionnelles batailles avec des boulettes de papier. Il suffisait de prendre une vielle feuille de papier de brouillon, de la rouler en boule, de la façon la plus compacte possible pour pouvoir la lancer sur une autre fille à l’autre bout de la classe quand la professeur avait le dos tourné. Généralement ce n’était pas très méchant, sauf les fois où cela dégénérait avec des filles qui trempaient un coin de la feuille de papier dans l’encre avant de lancer leur boulette sur leurs camarades de l’autre bout de la classe … : taches d’encre garanties à l’arrivée !

Les blouses avaient aussi certains cotés utile. Les professeurs restaient généralement à leur bureau sur l’estrade pendant les cours et se promenaient rarement dans les travées des salles de classe. Une fois, une fille qui n’avait pas appris sa récitation eut l’idée de l’écrire sur le dos de la blouse de se voisine de devant qui, compatissante, se laissa faire docilement. Quand elle fût interrogée, elle n’eût donc qu’à lire sa récitation sur le dos de sa voisine ! Nombre de fois ma sœur nous raconta que leurs blouses leurs servaient aussi d’antisèches pour le vocabulaire ou les verbes irréguliers anglais, pour des formules de maths, etc.

Quelquefois, c’était un côté plus pratique ou affectif qui primait : la blouse permettait de s’échanger des petits mots entre voisines sans avoir à parler et donc, sans se faire punir par les professeurs, certaines y mettaient le nom de leur amoureux, un petit dessin, le surnom ou la signature de leur copine ou de leurs chanteurs préférés, comme sur un plâtre. Bref la blouse était bien souvent aussi le reflet des états d’âme de celles qui les portaient. Elle était devenue, en quelque sorte, le terrain d’expression de la libération collégienne ou lycéenne !

Pour certaines, dont ma sœur faisait partie, la blouse se devait d’être sale et complètement fermée, sauf si bouton avait été arraché. Pus elle avait de taches, d’encre de gouache, plus sa fierté était grande ! Et, en fin d’année, certaine filles de terminale les martyrisaient complètement avant de les jeter aux oubliettes ! Malgré tout, il faut savoir que, même au pensionnat, certaines filles (elles n’étaient pas très nombreuses car il fallait du courage pour tenir tête à la meute des écervelées dont ma sœur faisait partie) étaient moins rebelles et plus soigneuses et s’efforçaient de maintenir leurs blouses à peu près propres en dépit les quolibets de leurs copines et malgré celles qui les prenaient, ou plutôt prenaient leur blouse, en souffre-douleur.

Bref, en internat, comme ailleurs, les blouses étaient bien utiles pour les filles qui les portaient. Il y avait de tout ; les blouses scolaires pouvaient être : simplement utiles, collégiennes, techniques, obligatoires, sociales, rebelles, symboliques, personnalisées …, selon sa personnalité. A chacun ou chacune de se reconnaître dans cette description.

 

 

 

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