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Les blouses de mes soeurs - Partie 2 - 02/04/2013

Les années collège et lycée

Mes sœurs grandissant, leur caractère commença à se forger de plus en plus nettement. L’une d’elle était devenue très turbulente et l’autre, plus calme, était en permanence dans la lune.

Dès l’enseignement secondaire, je me retrouvais dans un lycée de garçons parisien et je n’eu plus jamais à devoir porter de blouse en nylon. Pour mes deux sœurs, il en fût tout différemment. Elles firent l’essentiel de leur scolarité au lycée Jules Ferry, où le port de la blouse nylon beige était de rigueur. Aucun modèle particulier n’était imposé, mais les blouses devaient être en nylon, beiges, arriver jusqu’aux genoux et avoir des manches longues. Elles devaient être boutonnées jusqu’au ras du cou car il n’était pas question que l’on puisse voir ce que les filles portaient sous leur blouse. En outre, le nom et le prénom de chaque élève devait être brodé sur la poitrine des blouses. De la sorte que si les filles faisaient des bêtises, il était aisé de les identifier.

Contrairement à certains lycées où les couleurs des blouses alternaient de semaine en semaine, de façon à obliger les élèves à emporter leur blouse chaque fin de semaine pour la laver, à Jules Ferry, toutes les blouses étaient en permanence beiges et certaines filles ne lavaient jamais leur blouse de l’année. La propreté de la blouse n’était visiblement pas le problème de la direction du lycée qui se moquait éperdument de l’état des blouses des élèves, pourvu qu’elles portent une blouse nylon beige.

Je dois dire que je me rappelle de nombreux modèles de blouses différents qui défilèrent au cours des années sur le dos de mes sœurs. Bien sûr, il y a eu la simple blouse de nylon beige, boutonnée devant par 5 ou 6 boutons en plastique blanc, l’une d’entre elle, comble du raffinement, avait ses boutons cachés sous un rabat en nylon. Ces blouses avaient généralement une poche de chaque côté, plus une poche plus petite sur la poitrine et les manches étaient boutonnées. Habituellement, ces blouses étaient complétées d’une ceinture qui se boutonnait ou se nouait à la taille.
Une année, une de mes sœurs eut une blouse nylon qui avait de petits boutons métalliques argentés, des manches non boutonnées et des poches fermées par un revers revenant sur le dessus de la poche et décorées de deux boutons métalliques identiques sur les revers. Je me rappelle également d’une grande blouse beige cintrée, avec une martingale dans le dos et quatre très grandes poches : deux sur les cotés de la blouse et une de chaque coté de la poitrine. Elles étaient décorées de magnifiques petits fermoirs dorés, comme sur des bracelets-montres. Cette blouse était fermée par 8 boutons dorés et avait de grandes manches longues non boutonnées. Elle était superbe et elle en jetait beaucoup !

Certaines années, il y eut aussi, certaines blouses à boutonnage sur le coté. Je me rappelle tout particulièrement d’une blouse très longue, avec un joli sur-piquage marron, des boutons marrons. Elle avait une magnifique ceinture, surpiquée elle aussi, qui était positionnée au moyen de 4 superbes passants surpiqués. Celle-ci n’avait pas de col, tandis que je me rappelle d’une autre blouse dont le boutonnage coté se terminait par un grand col officier complètement fermé sur l’épaule et le cou.
Comme nous le verrons ci-dessous, il y a eu aussi des blouses à fermeture éclair sur le devant et quelques blouses cardigan, en complément des blouses longues, pour une de mes sœurs.

Vous allez me dire, pourquoi toutes ces blouses, étaient-elles utiles et mes sœurs acceptaient-elles facilement de les porter ?

Utiles, incontestablement oui. Quant à leur acceptation, l’une de mes sœurs ne s’en plaignait jamais, tandis que l’autre les détestait. Quoiqu’il en soit, elles n’avaient pas le choix puisque leur port était obligatoire jusqu’en terminale. De façon classique, les blouses étaient faites pour protéger de la trilogie encre, craie, saleté, notamment celle des dégoulinures d’eau des éponges pour effacer le tableau. Toutes les élèves, même les plus sages, vous diront, qu’un jour ou l’autre, leur blouse a pris un jour une tache d’encre de leur stylo, une coup de bic, la trace de leurs doigts sales, de la poussière de craie (surtout dans les plus grandes classes quand les élèves commencent à travailler au tableau) ou encore de l’eau de l’éponge lors de l’effaçage du tableau, quand ce n’était l’éponge toute dégoulinante d’eau sale qui volait à travers la classe, pendant les intercours ! Gare alors à celle qui la prenait de plein fouet ou dans le dos de sa blouse. Mieux valait, tout de même, tremper sa blouse d’eau sale que ses vêtements…

Tout d’abord quelques mots sur les conditions de travail des élèves au lycée Jules Ferry, dans les années 1960 / 70. Les filles travaillaient sur des tables en bois ciré. Les bancs ou les chaises étaient également en bois ciré. En fin de chaque année, les élèves étaient invitées à venir avec une vielle blouse et elles devaient poncer à blanc les tables et chaises avec du papier de verre. Cela permettait de faire disparaître toutes les traces d’encre et de saleté de l’année. Ensuite, les élèves disposaient de grandes boites de cire d’abeille jaune qu’elles devaient étaler sur les tables avec de grands chiffons blancs. C’était une dure épreuve pour les blouses, c’est pourquoi il leur était demandé de porter de vieilles blouses pour ce faire. Mais les encaustiquages de fin d’année n’étaient pas les seules conséquences néfastes de la cire pour les blouses des élèves…

Je ne sais pas si vous avez beaucoup d’expérience des meubles généreusement cirés : c’est très joli, mais ce n’est pas de tout repos. En cours d’année, mes sœurs, comme toutes les autres filles de Jules Ferry, travaillaient en permanence sur leurs tables et chaises cirées. Cela aboutissait à laisser en permanence sur le dessous de leurs bras, sur le devant des blouses, à hauteur du bord de la table, et sur le fond et le dos des blouses de grandes traces grises et luisantes. C’était le résultat du mélange de la cire des tables et de la poussière des classes, emprisonnée dans la cire. Les rares fois où je suis entré dans le lycée de mes sœurs, pour les fêtes de fin d’année par exemple, c’était impressionnant de constater que toutes les blouses de tous les élèves étaient décorées de grandes traces grises et luisantes de cire ! Oui, visiblement, dans ce contexte, heureusement que la blouse était obligatoire, mais pauvres blouses … Heureusement (et malheureusement pour mes sœurs) c’est le seul lycée où j’ai constaté ce type de problème.

Je vous ai dit que mes sœurs avaient des caractères qui avaient divergés, leurs blouses en étaient la preuve.

Celle qui était la plus turbulente revenait régulièrement du lycée avec sa blouse décousue ou arrachée. Invariablement, c’était d’abord le bouton du bas de ses blouses qui en faisait les frais : arraché, recousu, ré-arraché, … jusqu’à ce soit le nylon lui-même qui soit complètement arraché, empêchant ainsi de recoudre tout bouton à cet endroit. A force de se battre dans les cours de récréation, elle revenait régulièrement avec l’une ou l’autre de ses poches arrachée et pendante le long de sa blouse ou avec quelques boutons dans son cartable. Ses blouses d’adolescente avaient du mal à lui faire toute l’année et, bien souvent, elles étaient immettables pour l’année suivante.

Un jour, peut être après avoir vu le film ‘la guerre des boutons’, elle n’avait rein trouvé de mieux, avec quelques copines, d’avoir pour jeu de tirer sur les blouses des copines pour essayer d’en arracher les poches ou les boutons. La ‘gagnante’ était celle qui avait réussi à sauvegarder, en fin de semaine, le plus de boutons sur sa blouse et qui avait réussi à protéger ses poches ! A ce petit jeu-là, ses blouses devinrent rapidement de véritables loques, ce qui amena ma mère à lui acheter de grosses blouses sans poche, en nylon lourd et à fermeture éclair. Comme cela, le jeu s’arrêta de lui-même, faute de moyens.

En sens opposé, mon autre sœur était plutôt taciturne et souvent rêveuse ou dans la lune. Le problème généré était très différent. Point de blouses arrachées, mais des blouses ‘décorées’, volontairement et involontairement. Tout d’abord involontairement : elle aimait beaucoup la couleur et elle avait toujours en mains nombre de feutres, bics et stylos de toutes les couleurs. En changeant en permanence de couleur pour faire, ici un soulignement en rouge, là un encadré en vert, là encore un titre en violet ou en orange, elle avait régulièrement dans sa main gauche une bonne demi douzaine de bics, stylos ou feutres ouverts et prêts à l’emploi. Et c’est là où le bas blessait car, je ne sais pas comment ma sœur s’y prenait, mais elle revenait régulièrement du lycée avec le devant et quelquefois les cuisses de ses blouses toutes bariolées. Moult fois Maman lui a demandé de faire attention à ses blouses et de tenir ses stylos loin d’elle. Rien n’y fit. Ce qui ne me surprend pas outre mesure, vu le degré de distraction de ma sœur. Elle barbouillait ses blouses sans même s’en apercevoir !

Mais cela posait un sérieux problème car, si les blouses nylon sont très agréables à porter, elles ne sont pas très épaisses et sont vite transpercées. C’est ce qui arrivait régulièrement à ma sœur, qui tachait allègrement chandails et chemisiers. Maman finit par prendre le taureau par les cornes . Elle lui acheta quelques blouses cardigans beiges et elle lui imposa de porter en classe un cardigan nylon sous sa blouse longue de classe. Comme cela, c’était le cardigan qui était taché et allait au lavage toutes les semaines en même temps que la blouse principale et le problème était réglé. Cela dura ainsi pendant presque deux ans, jusqu’à ce que ma sœur, devenue plus grande, fît plus attention à ses affaires. Je n’ai jamais su si ses copines étaient au courant de la deuxième blouse mais, rentrant à la maison et partant de la maison en blouse, cela ne devait pas trop se voir.

Par ailleurs, elle adorait les dessins et, pour cacher ses marques d’encre ou de feutre sur ses blouses, elle décorait souvent ses blouses de tags ou de dessins. D’abord c’était les manches et les bas des blouses qui étaient décorés, car il était plus facile de faire des dessins sur ses cuisses ou dessus de manches pendant les cours, que sur le devant de sa blouse ! Aimant les couleurs, elle colorait ses dessins lorsqu’elle en avait le temps. Certains dessins étaient d’ailleurs assez jolis, même si Maman était beaucoup moins contente en voyant qu’ils partaient difficilement au lavage. Certaines semaines ses blouses, malgré un lavage approfondi, portaient encore, en filigrane, les traces des dessins et coups de bics ou de feutres précédents.

La plupart des professeurs étaient très gentils, mais la professeur de dessin des classes de 6èmes et 5èmes était une véritable peau de vache. Pour les cours de dessin, les élèves devaient venir avec leur carton à dessins, leur papier Canson, crayons, gomme, pinceaux, boite de gouaches, godet à eau et chiffon à peinture. Un jour, ma sœur, la plus lunatique, avait oublié son chiffon à peinture. La professeur lui fit obligation de se servir de sa blouse beige, comme chiffon à peinture, pour essuyer son pinceau lorsqu’elle était obligée de passer d’une couleur de gouache à l’autre. Elle disait que, comme cela, elle se souviendrait longtemps qu’il fallait apporter son chiffon à peinture en cours de dessin. Je vous laisse imaginer le spectacle à la fin du cours ... Oh, la belle blouse de nylon beige de ma sœur était ‘haute en couleur’ ! Elle ressemblait à un vrai Picasso. Dommage que Maman n’ait pas pensé à prendre une photo (mais je pense que ma sœur n’aurait pas du tout apprécié). Malgré tout, à y repenser, sa blouse en nylon était efficace contre la gouache car son chemisier n’en souffrit aucunement.

Une autre fois, ce fût une autre de ses camarades, nous raconta notre sœur, qui fît les frais de la méchanceté de cette professeur de dessin. Elle avait oublié de passer aux toilettes à la récréation et leva le doigt pour demander la permission de sortir afin d’aller faire pipi. A sa désagréable surprise, elle essuya un refus catégorique et péremptoire. La pauvre fille en resta bouche bée, puis elle commença à se dandiner de plus en plus sur sa chaise et, notre sœur nous raconta que, ne pouvant plus se retenir, sa camarade fut contrainte de se laisser aller dans sa petite culotte, mouillant ainsi son collant et sa jupe, aussi bien que le fond de sa blouse. Il parait que, ne pouvant plus endiguer le flot de son urine, on entendait dans la classe, son pipi couler sous sa chaise et former une petite flaque révélatrice. La pauvre fille en devint pivoine et fût la risée de la classe pendant tout le reste de l’année : vous pensez, une pisseuse à l’école !

Préadolescentes, les choses évoluèrent. Les taches involontaires, les arrachages et les déchirements furent moins nombreux, mais c’est à cet âge que l’on a des tas de jeux stupides. La cantine était souvent un formidable terrain de jeux. Les surveillantes avaient beau s’employer à ce que les élèves restent sages et ne chahutent pas trop, les jeux avec la nourriture étaient assez fréquents. Et quand tout un réfectoire se met faire voler petits pois, beefsteaks, morceaux de ragoût ou petits suisses, je ne vous dis pas le travail … ! Les petites cuillères faisaient de merveilleuses catapultes ! Bien entendu, il fallait que les élèves restent discrètes pour ne pas se faire prendre par les surveillantes. Le pire, et le plus apprécié des copines de mes sœurs, était visiblement les lancés de petits suisses ; de part leur emballage en papier, cela faisait d’excellents projectiles qui pouvaient voler au loin sans se déliter et qui avaient un résultat sans pareil sur celles qui les recevaient. Oui, vraiment, il valait mieux porter sa blouse à la cantine …

Il y eu aussi une période où, dans la classe d’une de mes sœurs, l’une de ses copines qui avait un membre de sa famille diabétique, apporta en classe de vielles seringues à insuline. Que voulez-vous qu’il advint ? Les élèves qui avaient une seringue n’ont rien trouvé de mieux que de les emplir d’encre et de tirer sur leurs copines (surtout sur celles qui n’en n’avaient pas et ne pouvaient donc pas répliquer). Avec une seringue, c’était beaucoup plus précis, que les projections d’encre que l’on peut réaliser avec un stylo-plume et, surtout, on peut tirer au moins jusqu’à 4 ou 5 mètres. C’est donc très discret et totalement silencieux, de telle sorte qu’il était possible de tirer dans le dos des copines, même pendant les cours. Au début ce fût un peu le carnage pour les blouses et l’on vit ma sœur revenir de l’école avec sa belle blouse beige couverte de petites étoiles et de grandes dégoulinures d’encre. Il faut dire que ce jeux ne dura pas très longtemps car l’administration du lycée n’eut pas de mal à se poser des questions en voyant, tout d’un coup, les blouses des filles d’une classe des classes du lycée maculées d’encre, alors que ce n’était pas le cas, à ce point, des autres classes. Les seringues furent confisquées et le jeu cessa, faute de moyens. Bien entendu, il y a toujours eu, dans toutes les classes, des filles qui s’amusaient à faire des petites étoiles d’encre ou à écrire sur le dos des blouses de leurs voisines de devant, mais cela n’a jamais atteint les quelques semaines où les seringues furent en opération.

Un autre ‘jeu à la con’ était les bombes à eau. Il y avait deux versions. La version de base, pas très méchante, consistait à plier une feuille de cahier en forme de cornet, à la remplir d’eau, à refermer le haut du cornet et à se poster en haut d’une cage d’escalier. Là, le jeu consistait à attendre le passage d’une élève pour lâcher sa bombe à eau au milieu de la cage d’escalier et essayer de la lui envoyer sur la tête. Lorsque la bombe à eau arrivait au sol ou sur la personne, le papier éclatait sous le choc et la personne visée se trouvait complètement aspergée. C’était drôle et n’était pas très méchant.
La version moins gentille, lorsque les filles voulaient se venger d’une copine, consistait à ajouter de l’encre à l’eau contenue dans la bombe en papier. Là, les dégâts étaient assurés, mais il fallait alors bien se cacher car les surveillantes punissaient très sévèrement de telles bombes à encre.

Un autre épisode que je veux vous relater est les compétitions d’escrime. De quoi s’agit-il allez-vous me dire ? Tout commença une année de jeux olympiques où l’équipe de France se distingua brillamment. Cela inspira certaines élèves dont, pour ce coup-ci, mes deux sœurs, quoiqu’ayant une année de décalage, furent partie.
Il fallait d’abord scotcher un stylo à bille au bout d’une règle carrée, la plus longue possible. Le jeu consistait alors à réunir deux compétitrices, face à face, pour jouer à l’escrime, c'est-à-dire à esquiver l’adversaire tout en essayant de marquer une touche sur sa blouse. Ce n’était pas très méchant, mais cela se terminait invariablement par des blouses plus ou moins marquées par le stylo de son adversaire, selon son adresse. D’un combat à l’autre on changeait la couleur du bic fixé au bout de la règle, comme cela on pouvait aisément compter le nombre de touches portées par chacune sur la blouse de l’autre et déterminer ainsi la gagnante. Ce n’était pas très méchant, mais cela occasionna nombres de traces de bic difficiles à laver sur les blouses de mes sœurs, quand ce n’était pas de longues marques de bic, lorsque l’on était touchée tangentiellement et que le bic dérapait sur tout un pan de votre blouse. Pauvres blouses ! Mais comme disaient mes sœurs, elles sont obligatoires, alors autant s’en servir … !

Plus grandes, mes sœurs n’ont pas été exemptes non plus des petits mots sur les blouses ou des tags. Surtout, quand elles ont été plus grandes (troisième à terminale), il leur fût courant de faire des tags sur leur blouse, par exemple affichant leurs chanteurs préférés, ou de s’échanger des petits mots sur leur blouse ou celle des voisines : du style ‘rencard à 16 h à tel endroit ?’ griffonné sur une manche, la copine répondant par un oui ou un non qu’elle apposait sur sa poitrine en se tournant vers sa copine qui était plusieurs tables plus loin. C’était un moyen de communication à distance silencieux, pendant les cours. Les veilles de contrôles, certaines élèves était aussi expertes dans les antisèches savamment apposées à l’avance sur leur blouse (dates d’histoire, formules de trigonométrie, verbes irréguliers anglais, … ) et, plus la blouse était sale et crottée, moins cela pouvait se remarquer … C’était très fort, si la fille acceptait de vivre dans une blouse maculée de toute part. C’était le cas d’approximativement un tiers des filles et mes sœurs n’y firent pas exception, selon les époques. Les élèves des années 1960 / 70 ne brûlaient pas les voitures, mais les élèves avaient tout de même de l’imagination. Heureusement, leurs jeux de l’époque restaient bon enfant.

En fin d’année, le dernier jour, il y avait un rite de sortie qui dépendait des filles. Dans la plupart des cas, cela consistait à se mettre un petit mot gentil ou à faire un petit dessin, avec sa signature, sur les blouses de toutes ses copines et vice-versa. Maman n’a pas gardé les blouses de mes sœurs ainsi signées, mais je sais que certaines filles les ont gardées en souvenir. Pour d’autres, c’était le défoulement total. Sachant qu’elles auraient de nouvelles blouses l’année prochaine, elles se défoulaient totalement sur la leur. Tags au marqueur indélébile, dessins à n’en plus finir, arrachage des poches, des boutons ou des ourlets de bas de blouse, déchirement des boutonnières, quand ce n’était pas l’arrachage des manches pour les transformer en blouses sans manches, ce qui était interdit au lycée. Ces jeux se terminaient quelquefois au cutter ou aux ciseaux ; c’était une façon de dire, comme je l’ai lu une fois sur la blouse d’une de mes sœurs : « merde aux blouses ! ».
Cela n’a jamais été le cas de mes sœurs car, comme notre famille n’était pas très riche, Maman n’aurait jamais toléré que mes sœurs massacrent leur blouse en fin d’année. Tout au contraire, si celles-ci étaient encore mettables l’année suivante, cela permettait à Maman de limiter ses achats à une blouse par an pour chacune de mes sœurs. Bien entendu, ma sœur la plus jeune eut aussi à porter les blouses de sa sœur ainée qui étaient encore présentables, ce qui n’a pas toujours été le cas quand ma sœur ainée était dans les petites classes de Jules Ferry.

Bref, le port obligatoire de la blouse au collège et au lycée par mes sœurs était une obligation, avec tout ce que cela pouvait avoir de pesant, surtout au moment de l’adolescence où l’on veut être une jeune fille coquette, mais leurs blouses ont aussi été une occasion pour elles d’amusements et de défoulements, au détriment de ces mêmes blouses.

 

 

 

 

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