Vos témoignages

 

Le Centre de Chèque Postaux - 29/03/2013 par Paul Lyamide

Automne 1973, les études terminées, je me suis présenté à des dizaines de places et ai passé plusieurs concours administratifs sans grande conviction. Fin novembre approchait à grand pas quand ma mère un matin me dit :

Je pensais encore une lettre qui me dit que je ne conviens pas pour une place, mais vue la mine non déconfite de ma mère, je me dis que c’était peut-être une bonne nouvelle.

J’étais tellement fou de joie après avoir écrit et m’être présenté à plus de cinquante places d’avoir enfin ma première réponse positive, que j’ai sauté au cou de ma mère manquant de la faire tomber.
Je remplissais vite fait les papiers à renvoyer avant qu’ils ne changent d’avis et me présentais quelques semaines plus tard, le chef de centre me reçu en personne et m’expliqua mon futur métier et je restais à trier le courrier pendant environ six mois entourés d’hommes en blouses de nylon grises sans me poser trop de question vu la poussière ambiante. Entre temps je recevais ma nomination pour aller dans un école de formation à mon emploi définitif que je pensais être guichetier, à la mi juillet, je pris le chemin de la capitale Paris avec mon baluchon et accompagné de mon père, car je n’étais pas majeur à l’époque puisque âgé de dix huit ans seulement.

Après les formalités d’usages et la prise de possession de ma chambrette, je suivi mes six semaines de cours avec la mention très bien car tout était noté comme à l’école et fut reçu par le chef de centre pour ce que je pensais être des félicitations. J’entrais dans son bureau. C’était très impressionnant car un chef de centre était un maître absolu à cette époque. Il me pria de m’asseoir et me félicita effectivement. Mais je voyais bien que quelque chose le tracassait. Il me dit qu’il venait aussi de recevoir les conclusions du médecin de prévention qui m’avait examiné comme tous mes collègues pendant la durée du cours et compte tenu de mon état asthmatique je ne pourrais pas continuer dans les centres de tri ou au guichet ou il risquait d’y avoir de la poussière ou de la manutention. Profitant d’un décret de Mr Le Ministre demandant d’accélérer la mixité dans les services, il me proposait pour tester cela dans les chèques postaux habituellement réservés exclusivement aux dames. J’essayais bien de lui expliquer que si j’avais eu quelques malaises sans gravité en province lors de ma période d’auxiliariat c’était plus dû aux gaz d’échappement des véhicules qui chargeaient le courrier qu’à la manutention ou à la poussière, rien n’y fit.

Je me présentais donc quelques jours plus tard à l’accueil du plus grand centre de chèques postaux parisien, un peu intimidé de devoir ne travailler qu’avec des collègues féminines. Deux hôtesses en blouse de nylon bleu ciel m’accueillirent à l’entrée et l’un d’elles téléphona à la chef de centre pour voir si celle-ci pouvait me recevoir. Elle disposait d’un trou de quelques dizaine de minutes dans son planning et je fus accompagné par une des hôtesses toute de bleu vêtue jusqu’au bureau de ma future patronne.


Je vis une femme plutôt sévère d’une petite soixantaine d’années qui me fit asseoir et feuilleta mon dossier, qu’elle venait visiblement de recevoir. Celle-ci m’entreprit en lisant :

Je lui répondis que non seulement je ne sèmerais pas la zizanie parmi toutes ces femmes mais que je ne désirais effectuer qu’un séjour minimum et ne pas m’attacher à qui que ce soit pour repartir le plus vite possible en province. Elle me demanda ma taille, je répondis 44 sans grande conviction. Elle prit alors son téléphone et appela le service du personnel du centre en demandant :

Je remplissais les formulaires de changement de lieu de travail pour la sécurité sociale et la mutuelle sans même plus penser au coup de téléphone précédent quand on frappa à la porte.
Une belle grande femme blonde apparue, magnifique dans sa blouse bleue ciel impeccable. Après que la chef de centre lui ai dit d’entrer

Dit celle-ci

Il va sans dire qu’à cet instant je passais au rouge écarlate et essayais de bredouiller que cette blouse portée par cette personne était quand même très féminine avec ses pinces à la poitrine et sa ceinture à la taille. Ma future monitrice acquiesça dans mon sens quand la chef de centre coupa cours à tout en disant :

Je redescendais l’escalier aux côtés de ma monitrice et nous ne nous adressâmes pas la parole tellement nous étions gênés d’une telle situation. Je l’accompagnais jusqu’à son vestiaire.
Celle-ci l’ouvrit et la première impression que j’avais eu en la voyant tout à l’heure d’une femme soigneuse ne se détrompa pas car plusieurs blouses étaient là consciencieusement pliées. Elle en prit une par le col et la laissa se dérouler doucement contre elle le crissement des deux étoffes l’une sur l’autre rendait la situation presque irréelle. La blouse pliée dans le creux de son bras, elle entreprit de m’enlever ma veste en me disant :

Elle déboutonna la blouse, puis entreprit de me l’enfiler. Le nylon glissant sur ma chemise, elle aussi en synthétique, me fit une sensation incomparable que je n’avais jamais ressenti auparavant.
Elle me ferma les boutons un par un et me serra la ceinture autour de ma taille, puis me boutonna les manches en disant :

J’admettais que cet uniforme que je trouvais un peu moins ridicule depuis qu’il m’avait procuré cette sensation inoubliable, pouvait avoir une quelconque utilité. Mais le plus dur restait à faire. Comment les autres employées allaient t’elles réagir en me voyant ainsi accoutré. Nous sortîmes du vestiaire et j’avais plutôt envie de faire marche arrière que marche avant. En nous dirigeant vers la salle qui devait devenir mon nouveau cadre de travail, je laissais le soin à ma monitrice de passer la première la porte de la salle et dès que j’entrais un murmure se fit entendre ainsi que des petits sourires en coin de la part de mes futures collègues de travail. Le murmure cessa de suite dès que les surveillantes lancèrent :

Et je remarquais à cette occasion effectivement que celles-ci portaient des blouses blanches au travers desquelles on pouvait apercevoir par translucidité les vêtements qu’elles portaient en dessous. Je fus frappé de constater la vague bleue composée de toutes ces blouses portées par ces dames à raison d’une vingtaine par rangée. A chaque bout trônaient les surveillantes qui pouvaient ainsi avoir l’œil sur tout le monde.

Cette première fin de matinée se passa sans encombre mis à part quelques regards amusés de mes voisines. Ma monitrice s’appliquait à m’expliquer les différentes ficelles du métier. Midi approchant, l’atelier se vida et nous montâmes tous vers la cantine située au dernier étage du bâtiment et constatais avec soulagement qu’effectivement nous n’avions pas besoin de sortir pour cela.
Il me semblait entendre de la part de mes collègues quand nous arrivâmes au dernier étage ma monitrice et moi.:

La salle du réfectoire était très grande et la même vague bleu ciel était présente en plus grand car à cet instant toutes les employées de tous les étages étaient pratiquement présentent en même temps. Je suivais ma guide, sans la quitter des yeux, car la perdre dans une telle vague bleue me faisait craindre le pire. Elle m’entraîna vers un guichet pour acheter le ticket à remettre à la serveuse suivant le plat que l’on désirait. Je remarquais que la guichetière portait la même blouse bleue que moi à part qu’elle n’était pas siglée PTT à la petite poche du sein gauche. Contrairement à nous, elle portait en plus un tablier bavette de nylon blanc par-dessus, mais on pouvait voir à travers par translucidité comme à travers les blouses des surveillantes. Je constatais en m’approchant plus près qu’elle avait de plus une barrette dans les cheveux faite du même tissu nylon blanc que le tablier. Je dois admettre que cette vision m’excita, déjà tout émoustillé par la douceur de ma blouse à laquelle je commençais à prendre goût et étourdit par le frou-frou incessant des blouses de mes collègues.

Ma compagne que je ne quittais pas d’une semelle et moi finîmes par trouver une place assise à une table déjà remplie pourtant et les sourires ainsi que les coins d’yeux moqueurs reprirent de plus belle, étonnées qu’étaient ces femmes de voir un homme parmi elles et de plus revêtu de leur uniforme de travail. Des serveuses en blouses bleues en nylon, tabliers blancs et coiffes du même tissu s’affairaient autour des tables ramassant les tickets et distribuant les plats, hors d’œuvres et desserts en échange.

Je garde de ce début de carrière un souvenir inoubliable et suis devenu amoureux fou des blouses et tabliers de femmes en nylon, j’ai eu par la suite effectivement des blouses en nylon homme grises mais n’aimait guère les porter car faites d’un nylon beaucoup moins doux et moins souple que les blouses de femme que j’ai achetées par la suite, car il a bien fallu que je rende à regret, sa blouse à ma collègue, dès que j’ai reçu ma première blouse grise d’homme.

 

 

 

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