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Souvenirs d'école - 23/01/2013 par Laurence

Mes parents, attachés à l'époque, aux valeurs traditionnelles, m'ont naturellement mise dans des écoles privées et non mixtes. J'y ai donc porté une blouse puisqu'elle était obligatoire et qu'en plus ils le souhaitaient. Au collège, nous avions toutes les mêmes blouses, d'un bleu clair plutôt pale, manches longues, boutonnées ras du cou, longues jusqu'aux genoux. J'allais à pieds à l'école et je mettais ma blouse avant de partir de la maison. La quasi totalité d'entre nous faisant de même.

Au lycée, il fallait toujours porter une blouse mais nous avions un peu plus de choix. Le règlement stipulait grosso-modo (ma mémoire n'a pas gardé tous les détails) que la blouse devait être à manches longues et de couleur unie. J'ai donc enfilé durant ces 3 années essentiellement des blouses bleues marines, col en V, quelques unes boutonnées sur le coté et une avec 2 rangées de boutons devant. Au lycée, je mettais ma blouse en arrivant sous le préau. Il n'était pas question d'entrer en classe sans blouse, mieux valait donc ne pas l’oublier ! Et le soir, opération inverse en faisant attention à la plier correctement avant de la mettre dans le cartable pour ne pas se retrouver le lendemain avec un vêtement trop froissé, car bien sur la blouse devait être toujours propre, bien repassée et entièrement boutonnée. Il m'arrivait parfois en hiver de la garder bien cachée sous mon manteau pour rentrer chez moi en bus.

Il y avait une solidarité entre nous sur cette acceptation des blouses. Nous étions sans doute un peu résignées par la discipline qui dirigeait nos préoccupations vers d'autres domaines (travail scolaire entre autre). Cet aspect "blouses à l'école" ne me laissa aucun mauvais souvenir contrairement à la période d'adolescence avec "blouses à la maison" qui fut plus pénible.

Dans les années 70, ce fut l’époque de rejet de l'autorité, les nouvelles façons d'appréhender le travail, la vie sociale, l’évolution des modes vestimentaires, les réformes de l'éducation scolaire.... Je me souviens encore des discussions interminables sur ces « changements » lors des repas familiaux chez mes grands-parents.ma famille était réfractaire à « toutes ces nouveautés ». Je vivais mon adolescence dans cette ambiance, j'étais heureuse, je ne manquais de rien. J'allais donc à l'école dans un lycée privé ou « mai 68 » n'était pas entrer. Une discipline rigoureuse perdurait, garantie par quelques religieuses sachant bien manier « la carotte et le bâton » (ces religieuses, au demeurant forts sympathiques et dévouées, se faisaient également, comme l'ensemble du personnel d'ailleurs, un devoir de porter une blouse pour assurer leurs cours ou surveillances). Nous, les élèves, faisions de même, mais avec plus de choix dans nos blouses. Mon espace de liberté s'est agrandi avec le lycée qui était plus loin que les écoles précédentes de mon domicile. Nous discutions beaucoup entre nous, je voyais plus de monde, mes lectures se diversifiaient...

A la maison, j'avais de plus en plus de moments où j'étais seule et que je mettais à profit pour ne pas mettre de blouse. Mais dès que mes parents « pointaient le bout de leur nez » mieux valait pour moi d'en remettre une vite fait ! Il m'arrivait de les défier en « oubliant » d'en mettre, ce qui me valait un sévère rappel à l'ordre. Je remettais donc en ronchonnant une blouse et revenais à table ou au salon toute penaude, voyant sur le visage de mes parents leur satisfaction d'avoir une fille obéissante. Il m'arrivait d'en pleurer.

Voyant mon désarroi, ma mère essaya de me réconcilier avec les blouses en m'associant à leur achat.je les choisissais courtes, de couleurs neutres ornées de motifs ou de liserés. Comme chez tout le monde, mes parents recevaient de la visite. Ce fut pour moi autant d'occasions humiliantes ou je venais par politesse dire bonjour ou au revoir. Je faisais cela rapidement, ne laissant pas aux gens le temps de « m'admirer » en blouse. Quand à mes copines, je m'arrangeais pour les recevoir les jours ou mes parents n'étaient pas à la maison. Mais ça ne marchait pas toujours ! Dans ces cas la, je m'arrangeais pour porter une blouse d'école. Un souvenir pénible me revient en mémoire. Un samedi de printemps, l'année de mes 17ans, j'avais, avec 2 copines de classe, un devoir scolaire urgent à terminer et il n'y avait que chez moi de disponible mais mon père profita de cette belle journée pour s'occuper de son jardin ! Je fus donc obligée de garder une blouse sur moi (avec ma mère, j'aurais essayé de négocier mais avec mon père il n'était pas envisageable que je sois sans blouse, qui plus est pour travailler). Je fus donc dans l'obligation de garder ma blouse (je me vois toujours avec ouvrant à mes copines), une bleue claire, boutonnée sur le coté avec en plus une ceinture cousue. Mes copines firent en plaisantant « des compliments » sur ma blouse et la confidence qu'elles n'en mettaient presque plus chez elles. Ce jour là, la blouse fut un fardeau sur mes épaules.

Je reçue aussi quelques blouses en cadeau.je me souviens d'une rouge en nylon avec 2 rangées de boutons et un col arrondi blanc que ma marraine m'offrit et que je dus évidemment porter lors d'un week-end que nous passions chez elle avec mes parents. J'étais la seule en blouse et mes cousins, un peu plus âgé que moi me taquinaient. Ma grand-mère paternelle n'était pas en reste.je passais tous les ans quelques semaines de vacances chez elle. Un jour, alors que je l'accompagnais comme d'habitude au marché bimensuel de la petite ville ou elle habitait, elle dénichât une blouse blanche à carreaux rose qu'elle voulue à tout prix m'acheter. Je dus l'essayer devant tout le monde mais le pire c'est qu'elle se boutonnait dans le dos ! Le dimanche suivant, c'était le jour du repas familial annuel. J'aidais ma grand-mère à tout préparer et à servir et devinez quelle blouse je dus mettre ! Quelle honte pour moi !

Ainsi se passa mon adolescence, je jouais « à cache-cache » avec mes blouses. Le temps a passé, laissant derrière nous cette époque malgré tout formidable.

 

 

 

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