Mesdames! Vous souvenez-vous?

Message aux femmes qui passeraient par ce site. Il y en a certainement.
Vous avez au moins 55 ans maintenant et vous avez vécu l'époque glorieuse de la blouse au college/lycée.

Beaucoup de souvenirs peuvent s'attacher aux blouses du collège/lycée. Cela serait bien de recueillir ici quelques témoignages.

 

Commentaires de Cohranne

 

Pourriez-vous nous faire part de vos impressions, de vos souvenirs de cette époque en blouse ? Rien de glorifiant, je me sentais comme une prisonnière... Aujourd'hui, avec le recul l'exagération est naturellement présente. Ce qui me gènait le plus était cette sensation d'uniforme.

Comment vivez-vous cette obligation de porter une blouse : indifférence, rejet, plai...sir ? Voilà une question pertinante. Le rejet d'abord, peut-être du à mon éducation... Mais aussi le sentiment d'être tous semblables. Un peu comme dans un camp de prisonnier... Et puis, et puis, l'adaptation, comme cette séance du lundi de retour au collège ou Soeur Solène vérifiait l'état de notre blouse, principalement le repassage... Le sentiment militaire (amusant d'ailleurs quand on y pense pour des religieuses). On apprend la discipline et ne pas s'en écarter.

Est ce que votre blouse vous identifiait à votre établissement, à votre statut de lycéenne ? Oui tout à fait... Et sutout le niveau de la classe (chaque classe avait une couleur différente).

Aimiez vous enfiler votre blouse le matin ou ressentiez vous cela comme une contrainte voire une brimade ? Comme une contrainte, naturellement... Et en même temps comme une appartenance (mais cela est venue bien plud tard dans l'année).

Et vos blouses, comment étaient elles ? La photo est très explicite.

De quelle couleur ? Uniforme ? En nylon ? Coton ou tergal, le nylon était déjà interdit il me semble.

Changiez-vous de blouse chaque année ? Je ne suis restée que l'année du Brevet.

Est ce vous qui la choisissiez ? Non, imposez par le college religieux et acheté à l'intendance ce qui faisait dire aux mauvaises langues que les soeurs tiraient parties de tout, financièrement, mais que cela soulageait les parents de ne pas être obligés de trainer leurs progénitures d'un magasins à un autre pour trouver la blouse imposée.

La mettiez vous au lycée ou déjà à la maison avant de partir ? Etant interne, les blouses que j'avais, je les mettais dès le refectoire... Comment souvent d'ailleurs dans les institutions religieuses et privées.

Y avait-il des sanctions si vous n'en portiez pas ? La colle, mais la blouse étant obligatoire, cela pouvait aller au renvoi, puisque inscrit de le règlement de l'école.

Fallait-il la boutonner complètement ? Oui naturellement, je vois mal comment faire autrement lorsque vous porter une blouse avec un boutonnage sur le côté.

Jusqu'à quand avez vous porter une blouse ? Uniquement cette année là. Est-ce pour cela, naturellement oui (comme lorsque l'on se retrouve en manque) que mon fétichisme est né.

 

 

Commentaires de Sylvie

 

Le port de la blouse à l’école c’était n’importe quoi ! Je me souviens du règlement intérieur du Lycée de Jeunes Filles Madame de Sévigné des années scolaires 67-68.

Art 20

Les élèves porteront pendant tout leur temps de présence dans l’établissement (à  la seule exception des cours de gymnastique) une blouse de couleur beige. La blouse sera correctement ajustée, boutonnée et maintenue en bon État de propreté. Tout manquement à ces dispositions sera sanctionné par une retenue de 2 à 4 heures.

J’en avais marre de ce bahut et de ses blouses. A 18 ans, en terminale, être obligée de porter une blouse, c’était n’importe quoi. De quoi j’avais l’air attifée comme ça ? A quoi ça servait de nous faire mettre une blouse au lycée ? C’était juste pour nous humilier, pour nous faire rentrer dans le rang, pour nous priver de notre personnalité. On était là, toutes pareilles, dans ces blouses beigeasses qui ressemblaient à des sacs ! Ca me faisait bien rire cette histoire de vouloir gommer les différences sociales ! La fille qui avait de beaux vêtements neufs, elle s’arrangeait toujours pour les faire voir.

Et même dans les blouses, il y avait de sacrées différences. Entre la blouse bas de gamme complétement informe qui partait en loques au bout de 15 jours et la blouse achetée en boutique spécialisée, y’avait pas photo ! Sans parler des filles qui trainaient la même blouse pendant des années ou qui héritaient de celle de leur sœur ainée.

On n’était pas des femmes de ménage pour devoir mettre une blouse. Pour des métiers salissants, passe encore, mais au lycée franchement ! Et puis, on était surveillé. Gare si t’avais oublié ta blouse à la maison le lundi. Aussitôt convoquée chez la surveillante générale et tu ressortais avec une colle. Un jour j’en avais pris une parce que j’avais gardé ma blouse ouverte (il faut dire que j’avais une nouvelle mini-jupe super !). Obligée de revenir un samedi après-midi pour 2 heures, enfermée dans une salle d’étude, en blouse bien sûr.

Et puis ce nylon : ça te collait à la peau quand il faisait chaud, et ça te réchauffait même pas en hiver. Y’avait des filles, on aurait dit qu’elles aimaient ça. Y’en avait même qui gardaient leur blouse sur elle pour venir au lycée et pour rentrer chez elle. Peut-être même qu’elles gardaient leur blouse à la maison. En tout cas, les blouses qui dépassaient du manteau je trouvais ça vraiment moche et ridicule. La honte si on me voyait comme ça dans la rue !

Le pire c’était les blouses boutonnées dans le dos. Y’avait une fille dans ma classe qui avait toujours ce genre de blouse. Fallait la voir le matin se contorsionner pour boutonner sa blouse ! Parfois une autre fille l’aidait à  fermer tous les boutons dans le dos…

 

 

Commentaires de Brigitte

 

Je ne comprends pas pourquoi certaines filles faisaient tant d’histoires à propos des blouses. Moi, ça ne m’a pas gêné du tout de devoir mettre une blouse au lycée. Au contraire même, quand j’enfilais ma blouse le matin, je me sentais dans ma peau de lycéenne, prête pour une journée d’école avec mes camarades vêtues de la même façon. Avec nos blouses, nous étions reconnues comme des lycéennes et pour moi c’était une vraie fierté. Depuis l'école maternelle j'avais toujours mis une blouse pour aller à  l'école. J’aurais été vraiment mal à l'aise d'être en classe sans ma blouse.

Il y a beaucoup de métiers où la blouse est un signe distinctif. Vous imaginez une infirmière, une coiffeuse, une boulangère sans blouse ? A la maison, souvent je mettais une de mes blouses pour faire mes devoirs, c’est comme si ça me motivait. Il fallait voir l’aspect pratique de la blouse qui protégeait bien les vêtements. Les tables et les chaises n’étaient pas toujours très propres au lycée sans parler de l’encre et de la poussière de craie. Et comme disait maman, il valait mieux fait une tâche à sa blouse plutôt qu’à sa robe ! Sans parler d’un accroc. Et puis je me cassais pas trop la tête le matin pour m’habiller puisque je savais que de toute façon toute la journée j’avais ma blouse qui cachait l’essentiel de mes vêtements.

On avait de la chance à Sévigné. J’aimais bien, moi, la couleur beige de nos blouses. A Sainte-Anne, elles avaient des blouses bleu marine. A Victor Hugo, c’était rose une semaine, bleu ciel la semaine suivante. Un système qui permettait de repérer la fille qui avait oublié de ramener sa blouse à la maison pour la laver. J’avais une cousine pour qui dans son lycée le choix de la blouse était libre. Je trouvais cela moins bien. Il y avait toutes sortes de couleurs, des blouses imprimées, à rayures, à carreaux ou même à fleurs. Je préférais une couleur imposée, mais bien sûr cela ne pouvait pas plaire à tout le monde. Comme on dit, les goûts et les couleurs.

Tous les samedis, je ramenais ma blouse à la maison. Maman la passait à  la machine et c’était toujours moi qui lui donnais un petit coup de fer. J’aimais faire cela le dimanche soir. Certaines disaient que le nylon permettait d’éviter le repassage. Je ne suis pas d’accord. Une blouse bien repassée était toujours plus présentable. Et puis j’aimais voir le nylon se lisser sous le fer chaud, pas trop chaud quand même  pour ne pas la brûler (thermostat 1 ou 2), dégageant une bonne odeur de propre. Je mettais ensuite ma blouse sur un cintre et le lundi matin je l’enfilais à la maison avant de partir. Pas question de la mettre dans mon cartable comme le faisaient beaucoup de filles pour la retrouver déjà à moitié chiffonnée en arrivant au lycée, alors que je m’étais donnée de la peine pour bien la repasser. J’étais fière de ma tenue et j’aimais que ma blouse soit parfaitement mise et soignée.

 

 

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