Les catalogues anciens

 

Le Bon Marché

Au Bon Marché est, historiquement, le tout premier grand magasin français, situé dans le 7eme arrondissement de Paris, au 24 rue de Sèvres, à l'angle de la rue de Babylone et de la rue du Bac. En 1989, après 151 ans d'existence, le magasin « Au Bon Marché » change de nom et devient « Le Bon Marché ».

Le magasin Au Bon Marché fut fondé en 1838 par les frères Videau qui créent une grande boutique de mercerie vendant aussi des draps, matelas et des parapluies. Les frères Videau s'associent en 1852 avec Aristide et Marguerite Boucicaut qui se lancent dans la transformation du magasin, développant alors le nouveau concept de grand magasin avec un vaste assortiment large et profond, des prix fixés à faible marge et indiqués sur une étiquette, un accès direct, le principe du satisfait ou remboursé et une mise en scène de la marchandise dans un espace de vente : ce type de magasin ne vend plus simplement des marchandises mais le désir d'acheter lui-même. En 1863, les Boucicaut rachètent les parts sociales des frères Videau, lesquels étaient effrayés par les idées commerciales du couple. En 1869, grâce à leur succès commercial, les Boucicaut se lancent dans l'agrandissement du magasin. L'architecte Louis-Charles Boileau, succédant à Alexandre Laplanche, fait appel à l'ingénieur Armand Moisant pour la construction de la structure du bâtiment (1870-1887); Gustave Eiffel, qui est couramment considéré comme étant le constructeur du Bon Marché, n'interviendra qu'en 1879 pour réaliser un agrandissement qualifié de peu considérable. Le Bon Marché passe d'un chiffre d’affaires de 500 000 francs, d'une surface de 300 m 2 et de 12 employés en 1852 à 72 millions de francs, une surface de 50 000 m 2 et 1 788 employés en 1877. Cette expansion marque l'apparition d'une nouvelle classe sociale, les employés, classe moyenne qui constituera la future clientèle des grands magasins .

Pour attirer sa clientèle féminine, Boucicaut crée également les premières toilettes pour femmes, un salon de lecture pour leurs maris le temps qu'elles fassent leurs emplettes, poste plus de 6 millions de catalogues de mode (accompagnés d'échantillons de tissus découpés par 150 jeunes femmes uniquement dédiées à ce travail) dans le monde entier au début du XX e siècle, parallèlement au développement du service de livraison à domicile et de la vente par correspondance franco de port . Il développe la publicité (affiches, calendriers, réclames, agendas annonçant des évènements quotidiens). Après les épouses, il cible les mères en distribuant des boissons, ballons rouges ou des séries d'images pédagogiques en «  Chromos  » pour leurs enfants, organisant aussi des promenades à dos d'âne. Les bourgeoises peuvent s'échapper du logis où la société les cloître et passer plus de douze heures dans le magasin à essayer les produits, notamment des vêtements avant faits sur mesure et désormais aux tailles standardisées. Certaines d'entre elles s'endettent ou deviennent cleptomanes , d'autres sont troublées à l'idée de se faire effleurer par des vendeurs qui leur enfilent gants ou chapeaux. La respectabilité du magasin étant remise en cause, Aristide Boucicaut fait engager des vendeuses qu'il fait loger dans les étages supérieurs du magasin et qui représentent la moitié du personnel dans les années 1880. En uniforme noir strict, elles sont licenciables et corvéables à merci mais peuvent bénéficier de la promotion interne (second, chef de comptoir puis gérant selon une progression non plus à l’ancienneté mais au mérite). Avec une gestion paternaliste inspirée par le socialisme chrétien de Lamennais, Aristide Boucicaut crée notamment pour ses salariés une caisse de prévoyance et une caisse de retraite, un réfectoire gratuit, un jour de congé payé hebdomadaire.

En 1910, à l'initiative de Mme Boucicaut, afin de loger ses clients à proximité, est créé l' hôtel Lutetia qui reste le seul palace de la rive gauche. Le développement du chemin de fer et des expositions universelles attire à Paris les femmes de province et Mme Boucicaut cherche désormais à toucher une clientèle ouvrière par des prix toujours plus bas. En 1911-1913 à l'angle de la Rue de Sèvres et de la rue du Bac, un nouveau bâtiment du Bon Marché, abritant jusqu'en 2012 La Grande Épicerie, est construit par les Ateliers Moisant-Lauren-Savey, successeurs d'Armand Moisant.

Le groupe LVMH de Bernard Arnault rachète le Bon Marché en 1984 pour en faire le grand magasin du luxe de la rive gauche. Au premier semestre 2012, des travaux débutent pour un agrandissement de la surface de vente. Un autre grand magasin, La Samaritaine, sera rachetée à la famille Renan en 2001, rue du Pont-Neuf dans le 1er arrondissement, pour rejoindre également le giron de LVMH Distribution Services, puis sera fermé en 2005.

 

Dans le tableau, ci-dessous, en cliquant sur les liens, vous retrouverez quelques collection anciennes de blouses et tabliers de ces vépécistes, grands magasins et magasins spécialisés.

Nom du catalogue / Année

Couverture

Au Bon Marché Hiver 1963

Au Bon Marché Hiver 1965-1966

 

 

 

 

 

 

 


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